Allergies et changement climatique : un lien encore  méconnu…

Le changement climatique est une réalité dont les effets se font sentir à l’échelle planétaire. L’un d’entre eux est l’augmentation de la fréquence, de l’intensité et du nombre de personnes concernées par les allergies. À l’heure où le climat est grande cause nationale en France, pays hôte de la 21ème Conférence Climat en décembre prochain, la Fondation Stallergenes a organisé une conférence parlementaire intitulée « Allergies et Climat, il est urgent d’agir » le 2 juin 2015 au Palais du Luxembourg pour renforcer la sensibilisation et aider à la collaboration entre les différents acteurs concernés. Les résultats d’une enquête exclusive réalisée par OpinionWay pour la Fondation sur le thème « Allergies et climat » y ont été présentés…


Comme l’a rappelé Alain Milon, président de la Commission des Affaires sociales du Sénat : « Le dérèglement climatique a des répercussions sur la nature, la qualité de l’air et de l’eau, et ces répercussions auront des conséquences sur la santé de l’homme à un moment ou à un autre de sa vie». Effectivement, l’étude OpinionWay révèle que 37% des Français déclarent avoir souffert d’au moins une allergie au cours des 12 derniers mois, les jeunes étant davantage touchés (46% des 25-34 ans). Mais, comme l’a indiqué Christine Rolland, directrice de l’association Asthme et Allergies :

« relativement peu de personnes font le lien entre changement climatique, pollution et augmentation des allergies. Si nous avons tendance à accuser la pollution de différents maux, nous ne savons pas toujours qu’elle est liée au changement climatique… Pourtant, selon l’OMS, 50% de la population mondiale pourrait être allergique en 2050 ! ». En effet, toujours selon OpinionWay, 63% des Français pensent que les allergies sont en augmentation depuis les 10 dernières années et près de 3 sur 4 (74%) considèrent que la pollution en est l’une des causes…

Les liens entre changement climatique, asthme et allergies

Le 5ème rapport du Groupe Intergouvernemental d’experts sur l’Évolution du Climat (GIEC), a pointé deux phénomènes majeurs pour les décennies en cours et à venir : l’augmentation du taux de CO2 atmosphérique et l’augmentation globale des températures entrainant une modification des précipitations selon les régions. Du fait de l’augmentation de l’ensoleillement et des températures, la production de pollens est plus importante : les pollens sont plus nombreux et les périodes de pollinisation allongées, contribuant ainsi à augmenter la période d’expositions aux pollens allergisants. Le professeur Michel Aubier chef du service de pneumologie-allergologie, Hôpital Bichat précise également « qu’il existe une pollution d’origine humaine liée essentiellement aux transports qui émettent un certain nombre de particules ou des dioxydes d’azote. Ces polluants augmentent l’agressivité des pollens qui possèdent une antigénicité plus importante ». Le professeur Aubier constate également que, désormais, l’asthme et les allergies, constituent 80 à 90 % de ses consultations. D’ailleurs, il n’hésite pas à parler de « véritable épidémie », rappelant que « l’asthme est déjà la première maladie chronique de l’enfant dans les pays industrialisés ».

Des mesures et des solutions pour l’environnement et les personnes allergiques

Le Pr Jocelyne Just, chef du service d'allergologie pédiatrique de l'hôpital Trousseau (Paris) a indiqué que les traitements sont lourds (corticoïdes pour faire diminuer l’inflammation) avec des patients plus compliqués à traiter, car ils présentent de plus en plus souvent des multi-allergies : « Nous ne traitons pas de la même façon toutes les allergies. Pour certaines personnes, nous allons proposer une éviction qui consiste à éviter l’allergène ; pour d’autres, nous allons induire une induction de tolérance ou démarrer une immunothérapie allergénique. En fonction de l'ancienneté de l'allergie, du type d'allergie (respiratoire, cutanée, alimentaire), de sa sévérité, de l'allergène en cause, l’indication thérapeutique ne sera pas la même ». Elle précise, par ailleurs, qu’au delà des traitements, ces maladies nécessitent une « véritable éducation thérapeutique des patients » et que les médecins devraient recevoir une formation spécifique. En amont des traitements, de mesures doivent être également prises pour limiter l’exposition de la population aux allergènes. C’est ainsi que le 3ème Plan National Santé Environnement 2015-2019 a pour objectif de « prévenir le risque d’allergie lié aux pollens en lien avec une modification importante de notre environnement allergénique ». Au niveau des mesures prises sur les territoires, Bernard Jomier, adjoint à la Mairie de Paris, chargé de la santé, du handicap et des relations avec l’Assistance Publique - Hôpitaux de Paris, a quant à lui, expliqué l’approche de la capitale : « Lutter contre le réchauffement climatique est essentiel et la Mairie de Paris s’est engagée de longue date dans cette lutte. Nous devons également nous attaquer aux allergènes dans la vie quotidienne des Parisiennes et Parisiens. Cela concerne l’air extérieur, bien sûr, mais également la question de l’air intérieur qui doit aussi être prise en compte car, dans les habitations, se multiplient les sources d’allergies avec notamment les moisissures ».

En conclusion, la Fondation Stallergenes (créée, au sein de la Fondation de France, par le laboratoire biopharmaceutique Stallergenes, spécialisé dans les maladies respiratoires), dont une des missions est de mieux faire connaître les allergies comme maladie à part entière, a ouvert un site Internet www.allergies-climat.com pour améliorer l‘information du public et des professionnels sur ce sujet.

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